Paléolithique et Mésolithique

Les premiers hommes à laisser une trace dans l’ouest parisien sont des nomades chasseurs-cueilleurs. Ils se déplacent surtout dans les vallées, taillent le silex, et au fil du temps, inventent armes et outils. À l'âge de Pierre, le peuplement humain est étroitement lié aux variations climatiques qui caractérisent cette immense période, ce dont témoignent les ossements retrouvés. Ainsi, les animaux de brousse succèdent à une faune plus adaptée à l’ère glaciaire.

Reconstitution paléolithique : une personne vêtue d'une tenue ancienne, tenant une lance, dans une forêt baignée de lumière matinale

Les hommes du Paléolithique

Les pionniers de la Région parisienne sont des Homo Ergaster, anciennement appelés Erectus. Au Paléolithique ancien, ils ont circulé en utilisant les voies de communication des grandes vallées (Seine, Mauldre et Vaucouleurs), notamment à partir de la plaine de Versailles. Ils s'installent moins souvent sur les plateaux.


Carte des indices de sites du Paléolithique et du Mésolithique
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Autour de - 400 000 ans, les premiers hominidés apparentés aux Homo erectus (H. Heidelbergensis) ont circulé en utilisant les grandes vallées fluviales (Seine, Mauldre et Vaucouleurs), notamment à partir de la plaine de Versailles. Ils semblent s'installer moins souvent sur les plateaux.

À la fin de la dernière glaciation, vers - 10 000 ans, malgré la lente transformation du paysage lié au réchauffement du climat, l’implantation humaine reste similaire. Ainsi, le nord du territoire (la vallée de Seine) semble plus peuplé que le sud, aux vues du nombre de vestiges archéologiques découverts. Cependant, l'érosion régulière des sols doit ête prise en compte pour nuancer cette tendance.

Environnement et vie quotidienne

Le Paléolithique est une longue période, découpée en trois par les spécialistes, qui voit sa faune et sa flore varier énormément au rythme des fluctuations climatiques. Ainsi, alternent les paysages de climat chaud (de type savane) et ceux de climat froid (tundra gelée), connus par les études palynologiques réalisées dans la vallée de la Seine. Ont ainsi pu être retrouvés des ossements d’hippopotame, de lion, d’éléphant ou de hyène, habitués aux climats chauds, et de renne, de mammouth, de rhinocéros ou de bison, adaptés aux climats froids.


Hippopotames (aquarelle d’Agnès Fontaine)
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Pour se nourrir, les premiers européens chassent principalement de petits animaux et profitent certainement des restes de repas laissés par d'autres grands prédateurs. Ils cueillent aussi les baies, ramassent diverses plantes comestibles ou tubercules et pêchent dans les nombreuses rivières que compte le territoire.

Les indices d'une consommation et de la chasse des grands animaux (chevaux, bisons, mammouths…) sont moins fréquents et interviennent plus tardivement (Paléolithique moyen à partir de - 250 000 ans). 


Mammouths (aquarelle d’Agnès Fontaine)
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Lorsque les premiers hommes pénètrent à l'ouest de la Région parisienne, ils apportent avec eux tous leurs
savoir-faire et particulièrement leur technique de la taille de la pierre, fabriquant ainsi des outils élaborés comme le biface. Ces outils, le plus souvent en silex, sont souvent les seules traces du passage de ces groupes de chasseurs.


Biface du Paléolithique inférieur découvert à Mantes‐la‐Jolie
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Après une période de refroidissement, où les traces humaines sont rares, des Néandertaliens à leur tour circulent dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine.


Schéma explicatif de la taille d'un biface
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Ils apportent une nouvelle technique de taille de la pierre permettant la fabrication d’outils aux formes standardisées : le "débitage Levallois", du nom de la ville de Levallois-Perret (92) où ont été trouvés les premiers blocs de silex taillés de cette façon. Les hommes, utilisant ces outils, chassent en groupe afin de parvenir à abattre de gros animaux.

      
Schéma explicatif de la technique de taille "Levallois"
Schéma explicatif de la taille d’une lame, à partir d'un éclat Levallois
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Puis, vers - 40 000 ans, les hommes modernes (de type Cro-Magnon), nos ancêtres directs, s’installent à leur tour en vallée de Seine et vivent quelque temps auprès des Néandertaliens qui disparaîtront après une possible période de métissage. Ils se distinguent, notamment, par une nouvelle technique de taille permettant d’obtenir des lames de silex, parfois très longues, transformées en divers outils. Ils façonnent également des outils avec de l'os, comme des poinçons et des aiguilles (pour la fabrication de vêtements en peaux) et inventent le propulseur qui leur permet d’atteindre des cibles éloignées.

Habitat et architecture

Les hommes du Paléolithique utilisent des habitations adaptées au relief et au climat qu'ils rencontrent au fil de leurs déplacements.

Il peut s’agir aussi bien de campements installés en plein air (sous tente), que l'utilisation temporaire d'abris naturels comme l’abri-sous-roche découvert à Bonnières-sur-Seine (78) sur un versant dominant la Seine.


Maquette restituant l'activité des chasseurs qui se sont abrités à Bonnières‐sur‐ Seine
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Une fouille réalisée en 1991 y a révélé un foyer, des ossements d’animaux, ainsi que de nombreux déchets de taille du silex.


Abri sous roche de Bonnières‐sur‐Seine
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Ce site a donc abrité momentanément des chasseurs magdaléniens à la recherche de gibier (mégacéros, chevaux et sangliers). De véritables campements saisonniers sous tentes ont également été étudiés aux Mureaux (78) et à Rueil-Malmaison (92), dévoilant une adaptation des déplacements aux rythmes de la migration des troupeaux.

Avec le réchauffement climatique du Mésolithique, les derniers chasseurs nomades privilégient ces habitations en plein air. C’est le cas à Sonchamp (78) où plusieurs campements ont été découverts. En tout, plus de quinze habitats ont été fouillés, livrant ainsi plusieurs milliers d’outils, d’armes de chasse et de déchets de silex. La commune a d’ailleurs donné son nom à une pointe triangulaire en silex servant à chasser au javelot, retrouvée en grand nombre sur le site.


Pointes de Sonchamp (Mésolithique)
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

Vie spirituelle et artistique

Vers - 80 000 ans, Néandertal enterre déjà ses morts. Les tombes sont alors de simples fosses creusées dans le sol d’une grotte, par exemple, ou en plein air. Les défunts sont parfois accompagnés d’objets (dents d’animaux percées ou gravées, coquillages, outils et armes de chasse) ou de fleurs. Ces attentions sont-elles les premières manifestations matérielles de croyances dont la signification religieuse reste à définir ?

Si on connaît des exemples de sépulture des périodes paléolithiques dans d’autres régions françaises, à ce jour les Yvelines et les Hauts-de-Seine n’en ont livré aucune. Les plus anciens individus découverts en fouille datent du Mésolithique et proviennent d'Achères (78) et de Rueil-Malmaison (92).

Définir une expression artistique reste délicate pour ces périodes. Au Paléolithique supérieur des silex gravés de profils d'animaux ont été retrouvés, aux Mureaux par exemple, mais leur signification reste hypothétique.

L’ornement des grottes, bien connu au Paléolithique supérieur dans le sud de la France, n'a pas de parallèle en Région parisienne, mais des manifestations d'un art rupestre existent au Mésolithique dans les Yvelines. Rochefort-en-Yvelines possède une magnifique grotte située dans une cavité naturelle, en bordure de la forêt de Rambouillet.


Gravure des parois de la grotte de Rochefort-en-Yvelines
© Seine et Yvelines Archéologie / EPI Yvelines-Hauts-de-Seine

L’intérieur est presque entièrement recouvert de gravures. Les motifs sont nombreux et variés : sillons isolés ou parallèles, griffes, grilles, cupules, croix… Là encore, le but de ces traces laissées volontairement est sujet à débat.